Kato et travesti

BD-Cul gay, gisquettes et autres gourgandines

Kato et travesti
Le jeune Kato ren­contre plu­sieurs per­son­nages durant ses aven­tures, tous bien membrés.

Un cher ami m’a fait un cadeau sen­sa­tion­nel: un bon d’un mon­tant astro­no­mique à la librai­rie HumuS. De quoi m’approvisionner pen­dant un an dans cet antre lau­san­nois dédié aux livres par­lant de sexe (de cul aus­si). Et comme un bon­heur ne vient jamais seul, le jour où j’allais inau­gu­rer ce bon, m’attendait chez Humus la nou­velle paru­tion de la col­lec­tion BD-Cul des Requins Mar­teaux: Bite Figh­ter, d’Oli­vier Texier.

Combat anal

L’histoire se passe dans une Amé­rique post-guerre, en 1991. Il s’agit donc d’une sorte de science-fic­tion du pas­sé. On y ren­contre trois experts en arts mar­tiaux. Il y a Buzz, fan de per­ma­cul­ture, fier que sa mai­son soit désor­mais à 100% pas­sive éner­gé­ti­que­ment. Il vit en couple avec Tyler, un brin cynique et tout à fait actif homo­sexuel­le­ment par­lant. Et il y  a Kato, jeune homme sen­sible et plu­tôt déses­pé­ré: «J’ai gran­di sur une terre dévas­tée, et pol­luée… J’ai dû me pros­ti­tuer dès mon plus jeune âge pour sur­vivre». Sur­tout, Kato cherche l’amour, l’homme de sa vie. Il espère qu’en par­ti­ci­pant à des com­bats sau­vages, orga­ni­sés dans les coins les plus glauques de la ville, il prou­ve­ra sa valeur. En atten­dant, avec l’accord cour­tois de Buzz, il se fait sodo­mi­ser bien pro­fond par Tyler, hale­tant: «Baise-moi! Rem­plis-moi! Il n’y a que comme ça que je me sente aimé». La suite est faite de com­bats et de baise, d’encu­lades et de pipes baveuses, tan­dis qu’un enne­mi féroce et anti-éco­lo­giste s’attaque à nos trois amis. Bite figh­ter est ins­pi­ré par un jeu vidéo des années 90, Pit-Figh­ter, duquel Oli­vier Texier est fan (une inter­view de lui). C’est bien cochon et sur la cou­ver­ture, les trois bites des héros, mou­lées par leurs pan­ta­lons de com­bat, sont en relief!

Musculation
Avec le temps, Buzz est deve­nu phi­lo­sophe et a renon­cé aux com­bats. Il devra s’y remettre pour aider Kato et sau­ver Tyler.
Tyler
Tyler, lui, fini­ra par décou­vrir les plai­sirs de la sodo­mie en tant que passif.

PS: très bien­tôt, un nou­vel album, le 14e, L’éjaculation sen­ti­men­tale, par Vas­sim. 

Putes, catins, roulures

Depuis de nom­breuses années, Lau­sanne est gou­ver­née par une petite bour­geoi­sie socia­lo-éco­lo­giste. Des gens qui aiment à la fois le confort bour­geois et les grands airs huma­nistes. Des gens aus­si détes­tables que la petite bour­geoi­sie de droite qui gou­ver­nait la ville lorsque j’étais jeune. Il y a long­temps que la muni­ci­pa­li­té de Lau­sanne cherche à se débar­ras­ser de la pros­ti­tu­tion de rue. Elle avait même ima­gi­né dépor­ter ces dames et ces demoi­selles – et ces mes­sieurs habillés en femmes avec des seins sili­co­nés – au Cha­let à Gobet, au milieu des bois, pour les faire tra­vailler dans des boxs à la zuri­choise. Tout ça par hypo­cri­sie – cachons ce que nous ne vou­lons pas voir! – et par volon­té de gen­tri­fier la ville. Loin du bal, les pauvres et les putes! Lais­sez la place aux petits bour­geois, à leur éli­taire absence de vraie culture, à leurs mœurs consu­mé­ristes! Cette fois, la déci­sion a été enté­ri­née: la zone de pros­ti­tu­tion va être réduite en ville, et tant pis pour les pre­mières et prin­ci­pales vic­times de cette déci­sion, les prostituées.

Chez HumuS, j’ai jus­te­ment fait l’acquisition de Du couvent au bor­del, mots du joli monde, de Clau­dine Bre­court-Vil­lars. Il s’agit d’un dic­tion­naire des mots de la pros­ti­tu­tion. Se pros­ti­tuer, c’est par exemple «aller aux asperges» (méta­phore facile à com­prendre). Le mot bor­del a pour ori­gine borde, une petite cabane; tan­dis que le lupa­nar est déri­vé du latin lupa, «louve». Les pros­ti­tuées, lorsqu’elles ne sont pas des louves sont des gis­quettes, des gigo­lettes, des belles-de-jour ou de nuit, des bou­chon­neuses, des catins, des dames blanches, des esca­la­deuses de bra­guettes, des roulures…

Aux Edi­tions La Table ronde.

Tous ces mots ont une ori­gine, une his­toire, recouvrent une réa­li­té, dési­gnent des gens bien réels. Les dic­tion­naires sont là pour nous l’apprendre, nous le rap­pe­ler. Contrai­re­ment à la petite bour­geoi­sie socia­liste lau­san­noise qui rêve d’un monde se résu­mant à son mes­quin et misé­rable petit entre-soi.

Fête du slip

La 5e Fête du slip a lieu les 3, 4 et 5 mars. Le pro­gramme.

 

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