Calybite

Il y a des mots qui excitent sans le vou­loir, des mots aux­quels on prête un sens qu’ils n’ont pas. C’est d’eux dont parle la rubrique «Les mots érogènes».

Cela n’a rien à voir avec la déesse Kali – qu’adorent les hin­dous, ni avec le chan­teur – qu’adorent les petits bour­geois de gauche. Pas non plus avec la ville colom­bienne – où l’on trouve de la très bonne cocaïne. Par contre, c’est bien en rela­tion avec le sexe mas­cu­lin, avec la bite, la pine, le paf, la verge, le zob. Et caly, c’est pour cal­li­pyge, une belle paire de fesses.

Le sexe et le cul, ça va bien ensemble, ça s’assemble, se caresse, se pénètre. Un sexe mâle dans un cul fémi­nin ou mas­cu­lin, c’est la sodo­mie. Consen­tie, elle pro­cure du plai­sir aux deux bouts: à qui enfile et à qui est enfi­lé. Par­fois, il y a une sur­prise. On caresse un cul cal­li­pyge, à la fémi­ni­té affir­mée, on l’embrasse, on l’écarte, on y met un doigt. Avant d’aller plus loin, on glisse la main entre les jambes, pour saluer la vulve, pour lui dire qu’on ne l’oublie pas. On met une main entre les jambes et c’est une bite qu’on sai­sit. Pile une femme, face un homme. C’est un phy­sique caly­bite, celui des tra­ves­tis: des seins magni­fiques, un cul à dam­né un saint et un pénis qui, ma foi, pas­sé le pre­mier moment de sur­prise, peut en pro­cu­rer de belles, de sur­prises, peut sur­prendre, ser­vir à se faire prendre, ou être pris, en bouche par exemple. Et alors on découvre que la sexua­li­té est un conti­nent dont on ne connaît qu’une petite pro­vince aux fron­tières ima­gi­naires aisé­ment fran­chis­sables pour qui aime la liber­té et tout explo­rer – c’est notam­ment à ça que sert la vie.

Mon ami Robert, le dic­tion­naire, l’a oublié, mais Jean Caly­bite est un saint catho­lique, mort en 450, qui vécu quelques temps dans une petite cabane, à Constan­ti­nople, une calybe. Depuis, selon le Wik­tion­naire, caly­bite désigne quelqu’un «qui habite dans une cabane», ou un «ascète du début du catho­li­cisme». C’est moins exci­tant qu’un tra­ves­ti, même si les saints porte sou­vent une robe alors qu’ils en sont dépour­vus, de seins.

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