Décurrent

Il y a des mots qui excitent sans le vou­loir, des mots aux­quels on prête un sens qu’ils n’ont pas. C’est d’eux dont parle la rubrique «Les mots éro­gènes».

Il est des femmes et des hommes à qui leur appa­rence phy­sique faci­lite beau­coup la vie. Très attrayants sexuel­le­ment, ils et elles peuvent déci­der d’en faire une acti­vi­té rému­né­rée, voir une rente. Celle-ci n’en n’est pas pour autant décur­rente.

Décur­rent qua­li­fie bien une acti­vi­té sexuelle, mais ça n’a rien à voir avec l’écu son­nant et tré­bu­chant, juste avec le cul. Cette par­tie du corps – mas­cu­lin et fémi­nin – a ses ado­ra­teurs, ses ado­ra­trices, j’en suis. Ceux-là, celles-ci, moi je, se mettent sou­vent à genoux lorsqu’ils en approchent un. Pas pour le prier – ou alors juste de s’ouvrir un peu; pour le pal­per, le humer, l’embrasser, le cares­ser, le lécher. Pour y enfon­cer un doigt, le nez, la langue. Ou autre chose, un objet oblong ou un vit. Quoi qu’on enfile, il est agréable de le faire entrer et sor­tir. On peut se conten­ter d’un va et vient, ça fait son effet, mais on peut aus­si raf­fi­ner un peu, pra­ti­quer un mou­ve­ment décur­rent. C’est-à-dire, alors que l’on sort l’organe ou l’objet, sti­mu­ler la rosette en appuyant un peu, en cares­sant, en pres­sant, en enfon­çant à peine. Et puis enfon­cer tout à fait, aller et venir, faire des mou­ve­ments laté­raux, et de haut en bas, ima­gi­ner qu’on des­sine un huit. Et res­sor­tir, et recom­men­cer. C’est aus­si déli­cieu­se­ment exci­tant pour le don­neur que pour le rece­veur, pour la rece­veuse que la don­neuse. Oh oui c’est bon!

Pour le dic­tion­naire, décur­rent n’aurait rien à voir avec la sodo­mie, plu­tôt avec la bota­nique (nique). Les feuilles décur­rentes sont celles dont les limbes se pro­longent le long de la tige, tan­dis que les lames décur­rentes d’un cham­pi­gnon sont atta­chées au pied. Cet adjec­tif est emprun­té au latin decur­rens, -entis, «qui court le long de». Qui court le long de quoi? Si c’est du rec­tum, alors la sodo­mie n’est pas si loin. Comme quoi, les langues mortes sont par­fois bien utiles, aus­si utiles que les vivantes qui déli­cieu­se­ment titillent par­fois un anus ou l’autre.

Il n’y a pas que les culs fémi­nins qui appré­cient les mou­ve­ment décur­rents. Les culs mas­cu­lins, même hété­ros, sont eux aus­si tout à fait péné­trables…

Laisser un commentaire