langue au chat

Donner sa langue au chat

Nous uti­li­sons tous les jours des expres­sions sans connaître leur ori­gine ni même par­fois leurs sens exact. Grâce au Petit Lubric illus­tré, sachons mieux de quoi l’on parle.

Don­ner notre langue au chat, nous l’avons tous fait étant enfant. Mais l’origine de l’expression est moins inno­cente qu’il n’y paraît. «Le chat comme dévo­reur de langue, qui rend les enfants muets, semble avoir pris à une époque rela­ti­ve­ment récente la place du chien, ordi­nai­re­ment plus vorace, explique Claude Dune­ton dans l’indispensable La Puce à l’oreille. ‟Ne sau­riez-vous devi­ner? – deman­dait Mme de Sévi­gné. Jetez-vous votre langue aux chiens?…ˮ Il semble bien que ce soit là l’ancienne for­mule: jeter quelque chose aux chiens c’est en faire très peu de cas, voir un acte infa­mant. C’est pro­ba­ble­ment parce que ‟langue au chatˮ est plus joli, moins bru­tal que ‟langue aux chiensˮ que s’est effec­tué ce chan­ge­ment d’animal domes­tique. L’expression consa­crée s’éloigne ain­si de la réa­li­té féroce dans laquelle elle a cer­tai­ne­ment vu le jour.»

Illustrons l’expression

langue au chat
Syl­vie léchée par Valen­tine et embras­sant Romaine.

A l’école, tous les gar­çons rêvaient d’embrasser Syl­vie. Après en avoir essayé plu­sieurs, c’est Alain-Gil­bert qu’elle choi­sit à l’adolescence. Il était sym­pa­thique, se la jouait un peu rebelle. Ils se marièrent et Alain-Gil­bert débu­ta une car­rière dans la publi­ci­té. Ambi­tieux, il gra­vit les éche­lons, se révé­lant très con. A la mai­son, il ne par­lait plus que de sa car­rière, de ses patrons qu’il admi­rait, des col­lègues sur la tête des­quels il devait mar­cher; seul son compte en banque le fai­sait ban­der. Syl­vie pris donc des amants et des amantes, pour son plus grand bien. Quand Alain-Gil­bert ren­tra du bureau ce soir-là, elle s’amusait avec Valen­tine et Romaine. «Que fais-tu? Tu me trompes? Tu es les­bienne? Tu ne m’aimes plus?», bal­bu­tia-t-il. Si Syl­vie ne lui répon­dit pas, ce n’est pas parce qu’elle don­nait sa langue au chat mais parce qu’elle était occu­pée à la glis­ser dans la bouche de Romaine tan­dis que Valen­tine agi­tait la sienne sur sa vulve. Lorsque les trois amies eurent fini de se gou­gnot­ter, Syl­vie signi­fia à Alain-Gil­bert qu’elle le quit­tait et elle vécut très heureuse.