Enfumage médiatique, enfumage bis, greffe de pine

Il y a toujours des enseignements bons à prendre dans L'Actu Q.
- Ché­ri, il faut abso­lu­ment que tu lises l’Actu Q de cette semaine. Il s’y trouve une his­toire très inté­res­sante de greffe de pénis. Peut-être devrais-tu ten­ter l’expérience et deman­der à ton ami de cou­leur s’il ne veut pas être donneur?

«Il m’aspergea les seins de sperme dans un grand cri : “Prends mon foutre sur tes nibards!” Je me deman­dais si cela serait tout, mais j’espérais que non, car ma chatte était en feu, com­plè­te­ment trem­pée. San­drine, dans le der­nier Union

Tout et son contraire 

«Pour­quoi les occi­den­taux voient-ils leur libi­do bais­ser par rap­port au reste du monde?», titre Science Post. Les rai­sons de cette soi-disant «chute de libi­do»? La por­no­gra­phie, bien sûr: «celle-ci occa­sion­ne­rait une sorte d’addic­tion qui rédui­rait le désir rela­tif à la sexua­li­té réelle», affirme le média, qui rela­ti­vise tou­te­fois: «Pour cer­taines per­sonnes, l’effet serait inverse: la por­no­gra­phie aug­men­te­rait le désir char­nel». TOUT ET SON CONTRAIRE, donc, ce qui n’empêchera pas les bonnes âmes d’ânon­ner dans les cock­tails petits-bour­geois que la por­no­gra­phie «c’est mal». Par­mi les fac­teurs qui ren­draient les Occi­den­taux moins libi­di­neux, Science Post avance aus­si «les condi­tions de tra­vail». Evi­dem­ment sans fon­der cette affir­ma­tion sur quoi que ce soit de sérieux. Mais cela me donne l’occasion de réaf­fir­mer que le capi­ta­lisme fait mal au cul… Et que la libi­do ne chute que si l’on ne s’en sert pas.

Le porno de nos grands-parents.
Petit rap­pel: la por­no­gra­phie n’est pas un phé­no­mène nou­veau, et si elle avait été nui­sible à la sexua­li­té de nos grands-parents, nous ne serions pas là pour le constater.

Problème de traduction ou bêtise consternante?

Autres niai­se­ries concer­nant la sexua­li­té et la por­no­gra­phie, celles publiées par 20 Minutes, qui annonce: «Sexua­li­té: Davan­tage de troubles de l’érec­tion chez les ama­teurs de films X? Un ques­tion­naire dis­tri­bué à plus de 300 femmes et hommes âgés de 20 à 40 ans le laisse pen­ser». Qu’est-ce que ça veut dire «le laisse pen­ser»? L’article relaie «l’hypothèse émise par l’organisation amé­ri­caine d’urologie à l’occasion de son 112e congrès annuel (…) Les spé­cia­listes se sont d’abord aper­çus que 3,4 % des hommes pré­fé­raient se mas­tur­ber en regar­dant du por­no plu­tôt que d’avoir un rap­port sexuel avec un ou une par­te­naire. En outre, 40 % des inter­ro­gés s’adonnaient au moins une fois par semaine à ces vision­nages». Donc, si je com­prends bien, 40% des hommes inter­ro­gés regardent du por­no et seuls 3,4% d’entre eux pré­fé­re­raient ça à un rap­port avec un ou une par­te­naire… Cela ne démontre-t-il pas que regar­der du por­no ne fait PAS bais­ser la libi­do ni ne décou­rage d’avoir des rap­ports sexuels? Quant au trouble de l’érec­tion, 20 Minutes affirme que «l’étude a éga­le­ment révé­lé que de nom­breux consom­ma­teurs régu­liers de X ren­con­traient des troubles d’érection durant un rap­port avec un par­te­naire». Alors que ce que dit réel­le­ment l’American Uro­lo­gi­cal Asso­cia­tion est que chez le 3,4% des hommes qui pré­fèrent vision­ner de la por­no­gra­phie plu­tôt que de cou­cher avec quelqu’un, «il peut y avoir une cor­ré­la­tion entre l’utilisation de la por­no­gra­phie et le dys­fonc­tion­ne­ment sexuel». Les jour­na­listes de 20 Minutes France doivent très mal par­ler anglais. A moins que, contrai­re­ment à ce qui est affir­mé dans le sous-titre et comme beau­coup de leurs confrères, ils ne pensent pas. Peut-être les deux.

Problèmes d'érection.
- Alors, mon lapin, tu ne bandes pas?
- Je suis déso­lé, madame.
- Je ne te plais pas?
- Non, c’est parce que je lis trop les journaux…

Pénis blanc pour homme noir

Pour ter­mi­ner sur une note légère, voi­là une nou­velle plu­tôt inso­lite: «Troi­sième greffe de pénis réus­sie en Afrique du Sud», relate Doc­tis­si­mo. Sauf que «le rece­veur et le don­neur n’ayant pas la même cou­leur de peau, le gref­fon sera tatoué». En effet, le rece­veur est noir, tan­dis que le don­neur est blanc. A par­tir de là, plu­sieurs ques­tions se posent. Com­ment devient-on don­neur de pénis? Le pénis blanc du don­neur est-il plus petit que l’ancien pénis noir du rece­veur? Com­ment évi­ter que le nou­veau pénis blanc ne devienne encore plus petit tan­dis qu’on le tatoue­ra en noir? Les pénis ont-ils une mémoire? Si oui, le pénis gref­fé ban­de­ra-t-il pour les mêmes rai­sons que l’ancien pénis? Est-ce qu’avoir des rela­tions sexuelles avec son mari à qui on a gref­fé le pénis d’un autre, c’est le trom­per? Cette his­toire n’a pas fini de me fasciner…

Greffe de pénis.
L’équipe de l’Université Stel­len­bosch et de l’Hôpital sco­laire Tyger­berg est la seule au monde à avoir réus­si deux greffes de pénis.

Catherine d’Oex et Jean-Gode Michel 

Dès le 14 juin, Lubric-à-brac accueille­ra deux nou­veaux contri­bu­teurs. Leur arri­vée sera fêtée à la gale­rie Humus à Lau­sanne. Venez-y!

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