Hélicoptère, prêchi-prêcha, Canada

Lecture
Chris­tine, une fidèle lec­trice, nous écrit: «Pour mieux dégus­ter l’Actu Q, je porte un cha­peau de paille mais pas de petite culotte…»

«J’étais deve­nue experte dans l’art de pra­ti­quer une pipe. Je la tétais, je la man­geais, je l’avalais avec gour­man­dise.» Aurais-je per­du la rai­son, par Hot­wife, sur le site Reve­bebe 

Tentative d’évasion

«Mal­gré l’absence de zone de décol­lage à proxi­mi­té, deux Amié­nois de 22 ans ont ten­té de s’envoler en fai­sant l’hélicoptère avec leur sexe.» Il arrive que sans le vou­loir les jour­na­listes parlent de la vie telle qu’elle est et non pas telle que leurs employeurs veulent que nous croyions la vivre. C’est un modeste fait-divers que pense rela­ter le Cour­rier pic­card, mais c’est bien plus que ça. Nos exis­tences sont si déses­pé­ré­ment tri­viales, vouées à la consom­ma­tion de mar­chan­dises, que par­fois l’envie nous prend de nous éva­der. Et des dif­fé­rents moyens dont nous dis­po­sons pour le faire, le sexe et sans doute le meilleur.

Ballon
- N’essayez pas de me rete­nir, je suis libre, mon sexe me per­met d’échapper à l’attraction terrestre!

Non, sexe et amour ne font pas automatiquement la paire

Je sais que je vous en ai déjà par­lé, mais comme il s’agit d’un ça va de soi rabâ­ché avec une grande régu­la­ri­té, je vais m’y atta­quer chaque fois que l’occasion se pré­sen­te­ra. «Pour moi, l’ingrédient incon­tour­nable pour une bonne rela­tion sexuelle, c’est l’amour», écrit une rédac­trice de Tilll­late, «la pla­te­forme de 20 minutes pour les lec­teurs jeunes et urbains de Suisse». Pour jus­ti­fier son a prio­ri cultu­rel, la jour­na­liste uti­lise les moyens habi­tuels: une pseu­do «ana­lyse scien­ti­fique» – basée, dans le cas pré­sent, sur… une inter­view parue dans un autre jour­nal – et le micro-trot­toir (qui est à l’enquête ce que McDo­nald est à la gas­tro­no­mie). «Le sexe avec un par­te­naire que l’on n’aime pas ne sera jamais aus­si bon qu’avec quelqu’un dont on est amou­reux. Du coup, je ne me donne même pas la peine de me raser les jambes pour un ren­dez-vous d’un soir avec un mec quel­conque», conclu la rédac­trice de Tilll­late. Lorsqu’elle en aura fini avec les «jeunes urbains» – et avec ses pro­blèmes épi­la­toires, elle pour­ra tou­jours dif­fu­ser ses prê­chi-prê­cha dans un jour­nal de paroisse. Et moi je vais conti­nuer à vous le répé­ter: le sexe et l’amour sont deux choses dif­fé­rentes, vou­loir les rendre indis­so­ciables mène tou­jours à la névrose.

Amour et sexe.
- Moi aus­si je t’aime, Roger-Gaël. Mais Jas­mine me fait jouir et il est exclu que je cesse de cou­cher avec elle…

Les voies du savoir sont pénétrables

Je n’ai jamais été atti­ré par l’université. Avec l’insolence du cancre que je fus et l’arrogance de l’auto­di­dacte que je suis, j’ai tou­jours pen­sé que les lieux offi­ciel­le­ment dévo­lus au savoir étaient en fait des endroits où on le nor­mait pour mieux le désa­mor­cer. Mais on est tou­jours injuste lorsqu’on est défi­ni­tif. «L’Uni­ver­si­té Memo­rial, à Terre-Neuve-et-Labra­dor, a dû rap­pe­ler à ses étu­diants qu’il est inter­dit d’avoir des rela­tions sexuelles dans ses locaux, après qu’un couple eut été sur­pris à faire l’amour dans l’un des pavillons de l’établissement», révèle Huff­post Qué­bec. Voi­là qui prouve que tous les étu­diants et toutes les étu­diantes des uni­ver­si­tés ne se laissent pas ber­ner par leurs pro­fes­seurs et per­sistent à explo­rer les voies les plus inté­res­santes et les plus pas­sion­nantes du savoir.

Etudes
Etu­diants cana­diens révi­sant leurs cours.

PS: mon nou­veau livre, Culs par-des­sus têtes, aux Edi­tions Humus, va bien­tôt être ver­ni à Lau­sanne. Je vous tiens au courant. 

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