Utriculaire

Il y a des mots qui excitent sans le vou­loir, des mots aux­quels on prête un sens qu’ils n’ont pas. C’est d’eux dont parle la rubrique «Les mots érogènes».

Le ut, c’est la pre­mière note de la gamme majeure. Ri, ce n’est pas la deuxième note mal ortho­gra­phiée mais t’es belle quand tu le fais (mais oui, toi aus­si tu es beau quand tu ris mais tu m’attires moins). Culaire, c’est pas mam­maire, c’est de l’autre côté.

Utri­cu­laire est une sen­sa­tion qui peut aller jusqu’à l’émotion. Elle est cou­chée sur le ventre – ou lui, c’est pareil sauf qu’il y a par­fois plus de poils – et tu effleures ses fesses. Tu les embrasses aus­si, tu les lèches, les mor­dilles, les masses, oses une petite claque. D’un doigt tu sou­lignes leur courbe quand il glisse dans le sillon et vient toquer au petit gui­chet de l’entrée des artistes. Et pal­pite la pas­tille, te fais de l’œil le borgne, se déplisse le plis­sé, s’éclot la rosette. Tu appuies ta caresse, enfile la bagouse, pénètre l’as de pique. Elle ou il creuse les reins en pous­sant un petit «oh!» et ain­si s’écartent les fesses, s’ouvre le cul. C’est comme un grand sou­rire, te voi­là ravi, comme elle ou lui.

Pour le Robert, les utri­cu­laires sont des plantes angio­spermes dico­ty­lé­dones gamo­pé­tale her­ba­cées, aqua­tiques, à feuille immer­gées et por­tant des outres qui servent à la cap­ture de petits ani­maux. Des outres? Déci­dé­ment, le Robert est plus mam­maire que culaire.

Il y a des culs irrésistibles, qu'on a immédiatement envie de palper, de faire palpiter.
Il y a des culs irré­sis­tibles, qu’on a immé­dia­te­ment envie de pal­per, de faire palpiter.
Même dans les salles de sport peut surgir l'émotion utriculaire.
Même dans les salles de sport peut sur­gir l’émotion utriculaire.
- C'est fini Jacques-Daniel, tu peux retirer ton doigt de mon cul... - J'aimerais bien Marie-Françoise, mais il faut que tu desserres les fesses.
- C’est fini Jacques-Daniel, tu peux reti­rer ton doigt de mon cul…
- J’aimerais bien Marie-Fran­çoise, mais il faut que tu des­serres les fesses.