Une vie de bâton de chaise.

Une vie de bâton de chaise

Nous uti­li­sons tous les jours des expres­sions sans connaître leur ori­gine ni même par­fois leurs sens exact. Grâce au Petit Lubric illus­tré, sachons mieux de quoi l’on parle.

Quel bâton? Quelle chaise? Mis à part les nom­breux culs qui s’assoient des­sus, une chaise ne voit pas beau­coup de pay­sages dif­fé­rents dans sa vie, ses bar­reaux non plus; c’est plu­tôt tran­quille, comme exis­tence, contrai­re­ment à ce que l’on entend par l’expression «une vie de bâton de chaise».  C’est qu’il s’agit d’une autre sorte de chaise, de bâton aus­si. Claude Dune­ton l’explique dans l’indispensable La Puce à l’oreille: «Ce bâton qui mène une vie si agi­tée [est celui de] l’ancêtre du taxi, la chaise à por­teur. Les bâtons étaient les deux barres de bois qui ser­vaient, en plus des sangles, à trans­por­ter la chaise ambu­lante.» Et il explique «qu’en 1659, les chaises à por­teurs étaient en vogue. Elles étaient numé­ro­tées, sta­tion­naient en des lieux fixes». Concluant: «Ces bâtons de chaise, ôtés, remis, pliant sous la charge et ser­vant à l’occasion d’armes offen­sives et défen­sives, avaient (…) une exis­tence tour­men­tée…»

Illustrons l’expression

Une vie de bâton de chaise.
Se ser­vant de ses amants comme chaises de plage, Ame­line non seule­ment ne se mit pas de sable dans la raie des fesses mais en plus jouit plu­sieurs fois.

Ame­line a trois amants: Alain-Luc, Jacques-Benoît et Gaël-André. Trois cadres sans ima­gi­na­tion, ser­vi­teurs de l’économie de mar­ché, trois petits-bour­geois ambi­tieux pro­fes­sion­nel­le­ment mais dépour­vu d’originalité, déses­pé­ré­ment conven­tion­nels en matière de sexe. Les trois lui deman­dant d’être fidèle, Ame­line déci­da d’éradiquer chez eux cette névrose mal­heu­reu­se­ment si répan­due. Elle invi­ta cha­cun d’entre eux à la rejoindre à la plage. Se retrou­vant ain­si mal­gré eux réunis, mis devant le fait accom­pli, les trois benêts ne purent qu’accepter qu’elle s’assoie sur leurs sexes, à tour de rôle, selon son humeur, à son rythme, main­te­nant raides les pines à la sou­plesse du poi­gnet ou de la vulve, s’empalant sur qui bon lui semble, se désem­pa­lant, englou­tis­sant, cou­lis­sant, joueuse et jouis­sante, leur fai­sant mener, cet après-midi-là, une vie de bâton de chaise, au propre comme au figu­ré.

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