Dans la tête

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La vie sexuelle de nos amies les bêtes est tou­jours pleine d’enseignements à ne pas négliger.

Par­fois, vous le savez bien, on couche avec quelqu’un et on ne par­vient plus à l’oublier. La tex­ture de la peau, les odeurs, une lueur inha­bi­tuelle dans les yeux, le goût de sa bouche, de ses ais­selles, de son aine, ce ver­tige qui nous a pris au détour d’une posi­tion, la vue de nos sexe emboî­tés, de nos poils emmê­lés et empois­sés, ses râles, ses gémis­se­ment, son émou­vante expres­sion au moment de la jouis­sance, ce par­fait aban­don par­ta­gé… On dit alors qu’on l’a dans la peau, dans la tête. Cer­tains vou­draient qu’on confonde ça avec l’amour.

Le coup de la limace

«Rolan­da Lange, bio­lo­giste à l’u­ni­ver­si­té alle­mande de Tübin­gen, a décou­vert chez une nou­velle espèce de limace de mer her­ma­phro­dite une pra­tique sexuelle sin­gu­lière», nous apprend le site Maxiscience.com. Ces limaces mesurent à peine trois mil­li­mètres, et mal­gré leur her­ma­phro­disme, elles ne peuvent pas s’autoféconder. Elles chosent donc à deux, avec deux pénis. Pas cha­cune le leur, non, deux pénis pour une seule limace, celle qui fait le papa. «Le pre­mier (pénis, ndlr) pénètre l’orifice femelle du par­te­naire pour y trans­fé­rer le sperme. L’autre, (…) trans­perce le par­te­naire jusqu’à la tête pour y injec­ter des hor­mones sexuelles.» Les scien­ti­fiques ne savent pas très bien à quoi sert cette intru­sion cépha­lique, pen­sant qu’il pour­rait s’agir d’une stra­té­gie pour mani­pu­ler «le sys­tème ner­veux du par­te­naire». Ils appellent ça l’«insémination trau­ma­tique», laquelle pour­rait inhi­ber «la fécon­da­tion des autres partenaires».

Limaces de mer pratiquant l'insémination traumatique.
Limaces de mer pra­ti­quant l’in­sé­mi­na­tion traumatique.

De l’évolution des espèces

C’est ce qu’on tente de faire chez Sapiens avec la conju­ga­li­té. Mani­pu­ler le cer­veau du (de la) par­te­naire pour le convaincre de ne pas aller faire des gali­pettes hors du lit com­mun. C’est ain­si que l’on confond la plu­part du temps «je t’aime» avec «je n’aurai plus jamais envie de cou­cher avec quelqu’un d’autre». Je ne sais pas si ça fonc­tionne chez les limaces, mais pour notre espèce, non. Heureusement.

- Oui, j'aime Jérôme, ce qui ne m'empêche pas d'avoir du désir pour Adrien.
- Oui, j’aime Jérôme, ce qui ne m’empêche pas d’a­voir du désir pour Adrien.
- Ma chérie, j'aime à la folie tes beignets au sirop d'érable, mais là, je vais aller manger des moules chez la voisine.
- Ma ché­rie, j’aime à la folie tes bei­gnets au sirop d’é­rable, mais là, je vais aller man­ger des moules chez la voisine.
- En cherchant bien, on va finir par trouver l'origine de l'erreur: pourquoi et quand les humains ont-ils voulu rendre indissociables amour et désir.
- En cher­chant bien, on va finir par trou­ver l’o­ri­gine de l’er­reur: pour­quoi et quand les humains ont-ils vou­lu rendre indis­so­ciables amour et désir.
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