Le canard au sang

Elle mar­chait d’un pas déci­dé. Seule. Le bruit de ses talons sur l’impasse cimen­tée déran­geait le silence d’un cré­pus­cule hiver­nal. La faim habi­tait son esto­mac au point de l’empêcher de pen­ser. Pour­tant, elle a sen­ti comme un dan­ger lorsque des pas feu­trés par des semelles caou­tchou­tées se sont mis à battre l’amble de son pas. Conti­nuer de lire Le canard au sang

La nuit des étoiles filantes

S’il avait seule­ment pu ima­gi­ner ce qui allait lui arri­ver, en pas­sant au cours de cette tiède nuit de la Saint-Laurent devant le cime­tière aban­don­né de Car­bo­na­do, Keith Luger se serait abs­te­nu… Mais le chas­seur de primes dilet­tante était pres­sé d’ar­ri­ver jus­qu’à la cité minière de Wil­ke­son, située quelques kilo­mètres en amont, et avait déci­dé d’emprunter ce qu’il ima­gi­nait être un rac­cour­ci. Conti­nuer de lire La nuit des étoiles filantes

La triste fin de Lionel le chien

Lio­nel le chien gisait devant l’en­trée de la luxueuse hacien­da, com­plè­te­ment immo­bile. L’a­ni­mal, un Grand Danois bien mon­té, parais­sait dor­mir, mais il était mort. Il avait été empoi­son­né durant la nuit. Un peu d’é­cume fiel­leuse se répan­dant de sa gueule entrou­verte jusque sur le gra­vier de l’al­lée en attes­tait.  Conti­nuer de lire La triste fin de Lio­nel le chien

Un avenir radieux

Sébas­tien est content, il a peut-être enfin trou­vé du tra­vail. Un salaire, ça va chan­ger sa vie. Cela fait plus de quatre ans qu’il ne reçoit que les allo­ca­tions des ser­vices sociaux. Pour­tant, à une époque tout allait bien. Ingé­nieur en ges­tion de pro­duc­tion, il tra­vaillait pour une entre­prise du BTP. Son rôle consis­tait à modé­li­ser les cadences qui étaient impo­sées aux ouvriers. Conti­nuer de lire Un ave­nir radieux

A moi de choisir ceux qui doivent mourir | Épilogue

Ça fait deux mois que je suis là, je crois. Peut-être plus. La cel­lule est blanche, les vitres de la fenêtre sont incas­sables, les gros bar­reaux espa­cés de 10 cen­ti­mètres. Un bloc de béton et un mate­las mousse comme lit, un WC et un lava­bo en inox, une table fixée au mur et au sol. Ils m’ont reti­ré la chaise après que je l’ai jetée contre la porte pour pro­tes­ter. Selon eux, je pré­sente un trouble de la per­son­na­li­té. Conti­nuer de lire A moi de choi­sir ceux qui doivent mou­rir | Épi­logue

A moi de choisir ceux qui doivent mourir | 13

La télé­vi­sion avait dit vrai : le confi­ne­ment était ter­mi­né, les gens repre­naient leurs vieilles habi­tudes, ceux qui en avaient retrou­vaient le che­min de leurs rési­dences secon­daires. C’était catas­tro­phique. Je bat­tis en retraite, un peu pani­qué. Et tou­jours aucune appa­ri­tion d’Alain, je me deman­dai ce qui lui était arri­vé. Conti­nuer de lire A moi de choi­sir ceux qui doivent mou­rir | 13